L'Empreinte du Craqueleur


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Reportage : Concours de contes

Journal N°10


Nowel est la période où nombre d'animations ont lieu en amakna.

Treketan, conteur réputé dans le pays, a pour habitude de raconter ses histoires en différents endroits et à différentes périodes tout au long de l'année.

En ce mois de déscendre, il choisit pour une fois d'organiser un concours de contes, ou il ne participerait pas, si ce n'est en jury.
Il s'agissait de préparer une histoire, un conte de Nowel, et de venir le narrer devant un jury impitoyable !


L'évenement avait lieu en deux parties. Une première le vendredi 21 au soir, dans un lieu privé, la maison des Chevaliers d'Excaliburne. (Très bien décorée d'ailleurs !)

Cette première partie était prévue pour faire un premier "tri" dans les candidats... malheureusement, on verra que les candidats s'auto-pénalisèrent à plusieurs reprises.

En effet, dès la première sélection, deux des candidats inscrits ne vinrent pas.

Quatre candidats passèrent donc, Salvanel, Thyuk, Yariafu et KomAKI.

Leurs histoires étaient toutes méritantes, mais le jury finit par trancher, en éliminant Thyuk, pour cause d'adaptation d'une histoire déjà existante.

Le lendemain soir, tout le monde se retrouva au chateau pour écouter à nouveau les trois candidats sélectionnés.

Encore une fois, un candidat se pénalisa de son absence. Salvanel, n'étant pas là, laissa sa place a Thyuk.

Les trois conteuses avaientt plus le trac encore que la première fois, car il y avait du public !

Après leur élocution, le jury délibéra longuement. Quand il revenut, on eu enfin le classement définitif :

Gagnante : KomAKI
Seconde : Yariafu
Troisième : Tyhuk

Cependant, Treketan avait convié les journalistes de l'Empreinte a constituer un deuxième jury, pour désigné le texte favori du journal, et se fut celui de Tyhuk que l'on choisit.

De très beaux lots furent distribués, groupés par "kits". Le kit du combatant fut par exemple offert à la gagnante, avec des équipements, une dragoune et de très jolies choses.

Nous avons choisi de publier le texte gagnant et celui retenu par le journal.


Tuk-Teufti, pour l'Empreinte du Craqueleur

Il était deux fois trois frères: Victor, l'aîné, Hector, le cadet et Igor, le benjamin. Ils vivaient à Amakna. Tout le monde les aimaient, ils étaient gentils, serviables et agréables alors pour les remercier les habitants d'Amakna leur ont offert des jolis ensembles rouges et ils fêtaient ensemble l'anniversaire de chacun de ces frères.

Un jour, Victor, qui était chasseur, partit chercher des délicieux morceaux de Kanigrou. Il était entrain de parcourir la Forêt de Litneg il aperçut une Dragodinde. Pas seulement que c'était une chose inhabituelle dans cette région mais en plus le bec de la Dragodinde brillait d'une lueur rouge. Comme Hector était un grand collectionneur des trophées il n'a pas pu s'empêcher de vouloir la capturer et se mit à la poursuite de la pauvre bête. Il courut derrière l'animal jusqu'à les zones glaciales au nord de Bonta. Alors qu'il était sur le point de l'attraper avec son filet, la Dragodinde a trébuché sur un Tofu congelé et a planté son bec dans la glace. La glace se fissura dans un grand fracas et le pauvre Victor se retrouva sur un radeau de glace, à errer sur l'immensité de l'océan. Il était tellement épuisé par la chasse qu'il s'endormit. En se réveillant il se trouva sur une île inconnue recouverte d'étranges arbres abordant des féroces picots en guise de feuilles.

Pendant ce temps-là à Amakna Hector en apprenant le triste destin de son frère qui fut emporté par l'océan l'océan décida de devenir marin et chercher son aîné. Quant à Igor, il resta à la maison au cas ou l'un d'eux reviendrait.

Plusieures années sont passées. Tous les hivers Hector revenait à la maison conter ses exploits à Igor. Il parlait des îles sauvages aux paysages tropicaux qu'il explorait et au sable chaud sur lequel il posa ses pieds. Mais un hiver Hector ne rentra pas à la maison... Igor ne savait pas que son frère avait découvert une île. Une île différente des autres. Voilée d'une matière blanche et froide, totalement opposée au sable et inconnue jusqu'ici aux habitants d'Amakna. Des créatures étranges peuplaient cette île. Certaines ressemblaient à celles qu'il a déjà vu, d'autres lui étaient totalement inconnues. Hector et son équipage ont voulu les capturer et c'est alors qu'ils s'aperçurent que ces créatures, une fois vaincues, laissaient des cadeaux en échange de vie sauve. Cela plaisait aux marins qui décidèrent d'annoncer la découverte de l'île et d'en profiter pour ramasser une petite fortune en faisant payer le transport aux aventuriers. Mais aucun d'eux ne se doutait qu'une créature puissante et cruelle hantait l'endroit. Un soir alors que Hector et les autres marins faisaient la fête, la Créature est venue venger ses confrères. Beaucoup de marins ne survécurent pas. Les survivants se mirent à fuir et la Créature poursuivit Hector. Celui-ci, en se retournant, aperçut avec horreur que la bête portait les mêmes habits qu'on a offert a lui et ses deux frères. En effet, la Créature n'était personne d'autre que Victor, maudit par les habitants de l'île dont il abusa de gentillesse. Hector, obligé par les circonstances dut laisser son frère pour ne pas se faire dévorer mais il se promit de revenir sur cette île et délivrer son frère...

Peu de temps après la découverte de l'île a été annoncée aux aventuriers, elle a été nommée l'île de Nowel en mémoire de son découvreur et de son maudit de frère.
Les marins, conscients du danger qui guettait n'osaient plus faire payer le transport et ainsi, l'accès a l'île est permis à tous les courageux.
Victor a obtenu également un nouveau nom, Papa Nowel, Papa car il est devenu une sorte de protecteur de l'île et Nowel pour ses origines Amakneennes.
Et Igor? He ben Igor continue a vivre quelque part a Amakna et écrit des livres pour les enfants. D'ailleurs c'est lui qui m'a dit de vous conter cette histoire.

HuguesleGrand se disait un féca heureux : nul n’était plus fort que lui à travers tout Amakna, il possédait un fabuleux palais dans les lacs enchantés, ses « gens » travaillaient sans relâche sur les différents ateliers du palais. HuguesleGrand disait ne manquer de rien, avait des millions de kamas à la banque et dans ses coffres, ses habits étaient plus luxueux les uns que les autres. Et il ne manquait pas de le rappeler à tout le monde. En effet, un de ses plus grands plaisirs était d’arrêter un petit aventurier, avec ses « gens » et l’humilier le plus possible, n’hésitant pas à le traîner dans la boue, en public. Personne n’osait y redire quoique ce soit, et la présence des 7 « gens » d’HuguesleGrand n’y était pas pour rien non plus. Il est vrai que déjà seul, sa force était impressionnante, mais avec ses suivants, il était invincible !
Le soir venu, il retournait dans son magnifique palais pour se prélasser, tandis que ses « gens » retournaient à leur labeur, telle des coquilles vides, sans âme, et donc, sans jamais se plaindre.

C’est dans ce contexte que débute notre histoire, à la veille de nowel. Tandis que tous, dans Amakna, se préparaient à fêter l’événement, HuguesleGrand était devant son palais, à contempler d’un air satisfait sa propriété. Un léger bruit se fit entendre à sa droite, il eût tout juste le temps de tourner la tête pour voir arriver, fusant dans les airs, une dague qui vint se planter à l’emplacement de son cœur.

Alors que le temps semblait s’arrêter sur les lacs enchantés où même la lune, absente, semblait avoir préféré s’éclipser, une lumière, d’abord blafarde, puis de plus en plus éclatante, apparue d’on ne sait où. La lumière prit lentement une forme humanoïde et observait le corps de HuguesleGrand en croisant les bras.

- « Relève toi, HuguesleGrand, car l’heure des comptes a commencé. Je suis l’esprit de nowel du temps présent. »

HuguesleGrand se releva alors, d’abord éberlué, puis reprenant ses esprits, et ses habitudes, il sauta à la gorge de son interlocuteur, mais, à sa grande stupeur, passa à travers lui. C’est seulement une fois qu’il se retourna qu’il constata son état fantomatique, le comprenant en voyant son propre corps, là toujours étendu au sol.

- « Maintenant que tu es calmé, suis moi, tu as beaucoup de choses à voir, et peu de temps »

HuguesleGrand n’eût pas le temps de dire quoique ce soit, le peut-il de toute façon, qu’il se retrouva sur la place, devant la banque d’Astrub. Il se voyait en train de taper des aventuriers débutants, puis parfois légèrement plus fort, et quand il s’agissait d’un aventurier très expérimenté, ses « gens » le rejoignaient dans le combat.

- « Voilà ton quotidien, HuguesleGrand, te battre contre plus faible que toi, et quand le combat pourrait avoir un quelconque intérêt, tu fais venir tes suivants pour t’assurer une victoire facile, l’honneur t’est inconnu. Ces mêmes suivants que tu emploies jusqu’à plus soif pour te confectionner tes habits, tes armes ou tout ce qui se trouvent chez toi. Tu es riche jusqu’à ne plus savoir qu’en faire, mais l’entraide t’es inconnue. Regarde cet aventurier que tu as combattu, suivons le »

A nouveau, ils furent « téléportés », cette fois, en un lieu inconnu d’HuguesleGrand, cela ressemblait à une maison. Des gens s’amusaient, sa victime était parmi eux, ses amis semblaient lui remplir son sac.

- « Crois tu que ton attaque délibérée sur lui ait eu la moindre conséquence ? Crois tu avoir la moindre importance à ses yeux ? Il t’a déjà oublié, il est là, avec ses amis, qui l’aident à confectionner ses habits, lui-même aime à aider chacun d’entre eux, dès que cela lui est possible. Il s’amuse avec eux, aimant aller combattre avec eux, toujours droit et loyal avec les siens »

L’être disparu, alors, peu à peu, seuls ces derniers propos résonnaient encore sur les lacs enchantés.

- « Celui qui n’a pas d’amis perds la plus grande des richesses … »
- « … et celui qui ne se souviens pas de son passé, n’a aucun trésor à préserver » fit une autre voix.

Elle appartenait à une personne qui ressemblait au précédent, quoique bien plus sombre.

- « Je suis l’esprit de nowel du temps passé, et j’ai, moi aussi, quelque chose à te montrer »

D’un claquement de doigts, ils se retrouvèrent à nouveau à Astrub, pas à la banque cette fois, mais au zaap. HuguesleGrand ne comprenait pas ce qu’ils faisaient là, il savait qu’il n’allait jamais ici : une vieille loi interdisait tout combat autour d’un zaap, et ce, partout dans Amakna. Un jeune aventurier, un feca, sans nul doute, passa au travers lui, sans ciller. Le jeune s’arrêta non loin et commença à crier :

- « Je cherche des gens pour m’aider à combattre et qui voudraient bien me donner des vêtements faits à base de laine de bouftou, s’il vous plait, aidez moi ! »

Quel nul, se dit HuguesleGrand, il suffit de se les acheter, ou au pire, chasser le bouftou ! S’il n’était pas déjà un fantôme, il serait mort de suite en voyant le jeune feca se retourner … ses yeux … cette coupe de cheveux … par tous les Dieux, c’est lui, il y a des années ! Etait ce possible qu’il ait été ce bon à rien ? Il se souvenait maintenant, personne ne l’avait aidé, il avait dû passer des heures et des heures à chasser les bouftous afin de se confectionner ces habits dont il rêvait tant.

- « Je vois que tu commences à comprendre, l’interrompit l’esprit de nowel, j’ai encore une chose à te montrer »

Ils n’allèrent pas bien loin, juste au nord du zaap, là où la loi de non agression n’avait plus cours. 6 Bontariens tombèrent sur le jeune HuguesleGrand et le bastonnèrent. Ce dernier, enfin le plus vieux, se rappela que c’était suite à cette agression qu’il avait décidé d’abandonner sa citoyenneté brakmarienne pour passer bontarien : moins de risque d’agression.

L’esprit de nowel disparut à son tour, lui aussi laissant son écho sur les lacs

- « Celui qui n’a aucun passé … »
- « … n’a aucun avenir, compléta une nouvelle voix. Je suis l’esprit de nowel du futur, et mon travail va être très court »

Ils se retrouvèrent au cimetière, seul le claquement de la barrière à l’entrée brisait le silence. Manifestement, on enterrait quelqu’un aujourd’hui mais il n’y avait personne pour honorer la mémoire du défunt. En s’approchant, HuguesleGrand lut la pierre tombale … ce n’est pas comme s’il ne s’y attendait pas, mais tout de même, lire son nom fût un choc. Mais ce n’était rien comparé à ce sentiment d’abandon : lui, le feca le plus puissant d’Amakna, sans nul doute le plus riche, n’était pas honoré à sa mort … Ses suivants n’étaient même pas là … personne. Etait ce donc vrai ? Comment avait il pu faire subir ce que lui-même avait subi ?

Celui que tout le monde connaissait, et redoutait, sous le nom d’HuguesleGrand était là à marteler le sol de terre fraîche, celle là même qui recouvrira son cercueil. Il hurlait, suppliait pour qu’on lui donne une nouvelle chance, promettant à tous les Dieux qu’il allait changer, réparer ses fautes !

Une dernière fois, l’esprit de nowel prit la parole :

- « Ainsi soit-il »

Les suivants essayaient de calmer HuguesleGrand qui se débattait. Ce dernier se releva, se tâta, il était en vie ! Une douleur à la tête lui prouva que oui, il avait dû se cogner en tombant, ainsi que … la lame plantée dans son livre … « se faire des amis et les garder » tel était son titre. Il n’avait aucun souvenir d’avoir commencé cette lecture, mais il tombait à pic. Il commença, mentalement, à dresser la liste des choses à faire : laisser partir ses suivants, distribuer son surplus de vêtements aux plus nécessiteux, ouvrir son palais à tous, reprendre son ancienne citoyenneté … Oui, HuguesleGrand allait devenir un autre feca.

Quand, plus tard, on lui demandera pourquoi il a ainsi changé, du tout au tout, il répondra simplement qu’il a été traversé par la magie de nowel.

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