L'Empreinte du Craqueleur


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Interview : Vodkazawa

Journal N°10

Vodkazawa, le retour?





Par une froide soirée de descendre, je marchais seule dans les rues d’Astrub quand soudain, une odeur d’alcool mêlée à un parfum qui ne m’était pas inconnu effleura mes narines. Mes sens en alerte, je cherchais à trouver la source de ces émanations. Enfin, après un rapide balayage de la place qui s’étendait devant moi, je vis une silhouette avancer dans la pénombre. Connaissant cette démarche, cette allure, cela ne fit plus aucun doute.

Vodkazawa ?

La silhouette s’arrêta puis se retourna lentement. Je souris avec satisfaction. C’était bel et bien mon ancien ami qui se tenait devant moi. Mon cœur s’emballa à la joie de le revoir.

Samus :
Bonsoir bel homme ! Lui dis je en souriant

Vodka :
Bonsoir joli brin de fille !

Malgré le plaisir apparent que lui procurait cette rencontre fortuite, il n’avait pas son sourire habituel. Il était calme mais étrange. Je fis fi de cette impression.

S :
Ca me fait plaisir de te voir Vodka, je ne m’attendais pas du tout à te croiser ce soir !

V :
De même ! Ça fait plaisir d’entendre parler de vieilles connaissances.

S :
A vrai dire… Je n’ai pas compris pourquoi tu avais disparu ces derniers temps…

V :
C’est un peu compliqué il faut dire…

S :
Attention, n’oublie pas à qui tu parles ! Mais je vais faire un effort de compréhension.

V :
On ne peut pas échapper à son destin je crois. J’ai été rattrapé par mes ennuis et j’ai dû m’accrocher, seul malheureusement.

S :
Quel genre d’ennuis ? Si cela n’est pas trop indiscret…

V :
Si tu veux un résumé simple, je ne suis plus voyant… et plus tellement barde.

S :
Cela m’attriste… Je ne sais que dire, ce doit être un sujet difficile à aborder.

V :
Moui… enfin j’ai toujours mon diplôme de barde officiel mais on va dire que j’ai décidé de ne plus pratiquer.

S :
Je ne comprends pas vraiment… Tu ne pratiques plus ? Pour quelle raison ?

V :
J’ai l’impression de ne plus avoir grand-chose à raconter. Tu sais l’ensemble de mes notes, trois roulottes, elles ne sont plus…

Vodkazawa fit une moue triste, ouvrant une pandapils de bas étage et non une « maison »

S :
Tu as changé Vodka, tu n’as plus ce sourire charmeur… Mais je t’ai retrouvé et j’espère que cette fois, tu ne comptes plus nous quitter comme tu l’as fait ?

V :
Il faut dire que j’ai disparu de façon soudaine. Je ne pensais pas revenir avec Raval à mes fesses, si tu me permets.

S : Oh moi, ça ne me dérange pas quand on parle de fesses, surtout des tiennes !

V :
Mmmh, on en reparlera après.

Il esquissa un sourire qui en disait long sur ses pensées, je lui rendis le même.

V :
En clair, j’ai abandonné la Caravane du Silence en plein problème, et j’en ai payé le prix.

S :
Tu as fui tes responsabilités ?

V :
J’ai été obligé de les fuir. C’est comme quand, alors que tu te prépares à accueillir un amant, tu en croises une dizaine d’autres… tu te sauves en courrant.

Vodkazawa s’arrêta un instant, doutant que son exemple soit bon pour moi. Pour ma part, je souriais bêtement en imaginant la scène.

S :
Non non, je ne me sauverais pas en courant !

V :
Enfin si tu veux, je veux bien te raconter ce passage.

S :
Oui s’il te plait.

V :
Je faisais l’éclaireur lorsqu’une ombre apparut derrière moi. Je cru d’abord à Khaalya mais ce fut mon pire cauchemar qui s’adressait à moi : Raval lui-même venu prendre ce qui lui était dû !

S :
Raval en personne ? Tu es sûr que tu n’as pas bu un peu trop ce jour là ?

Ignorant ma remarque, il poursuivit en prenant un ton effrayant.

V :
J’ai cru pouvoir m’enfuir pour rejoindre ma Caravane, mon refuge, notre refuge. Mais il était décidé à me faire payer! D’un coup subtil, il m’entraîna dans une dimension encore plus éloignée que la gelax, dans un calvaire qui ne dura que trop longtemps, juste le temps de detruire ce que j’avais patiemment construit.

S :
Te faire payer ?

V :
Oui me faire payer un ancien pacte avec lui. Raval est un protecteur capricieux, nul ne devait en appeler en son nom à la légère.

S :
Un pacte ? Quel pacte ? En quoi consistait-il ?

Pour toute réponse, Vodka se replia sur lui-même, affichant un regard d’une noirceur plus profonde que l’encre du légendaire Kralamoure.

S :
Tu n’es pas obligé d’en parler.

V :
Bien, une autre question ?

S :
Et bien… Tu as laissé la Caravane, soit. Mais cela à suffit à la faire disparaître ?

V :
Malheureusement, comme je l’ai dit nous traversions une mauvaise passe. Ma perte soudaine, vue comme une fuite sûrement, a eu raison du courage de mes pauvres caravaniers, je pense. Ils ont fait le bon choix de vivre chacun leurs destinées plutôt que d’animer un tas de bois dont la magie se perdait. Il faut savoir se faire des raisons quelques fois. C’est pour cela qu’a mon retour, j’ai brûlé la Caravane vide.

La respiration du Panda devenait lourde.

S :
Brûlé la caravane ? Pourquoi un tel geste ?

V :
Euh… Parce qu’il était trop tard… Parce que je ne voulais que personne ne regrette et que tout le monde aille vers l’avant. Enfin, c’est purement symbolique… Enfin… Je crois.

S :
Pourtant… Peut être que je me trompe mais je ressens comme une pointe de remord, voir de regret en toi.

V :
J’aurai voulu certainement aller plus loin, encore un bout de chemin… une dernière veillée. Je n’avais pas fait le choix de partir tu comprends… Je ne l’avais pas fait.

Le panda semblait d’une tristesse inconsolable

S :
Je te comprends Vodka, j’ai vécu une chose similaire avec mon Clan… Mais ne parlons plus du passé et arrêtons de nous larmoyer. Il faut aller de l’avant. As-tu des projets ?

Vodkazawa se redressa, heureux de devoir arrêter de parler du passé. Pourtant, il semblait ne pas avoir tout dit. J’étais bien placé pour savoir que jamais dans ces situations, on ne pourrait réellement exprimer ce que nous ressentons.

V :
Aucun projet malheureusement. Je reviens à mon statut de Vagabond. Je n’ai plus de maison pour l’instant et plus rien sur quoi me raccrocher.

S :
Un bon vagabond. Tu sais, tu peux toujours venir chez moi si tu veux.

V :
J’y penserai s’il fait froid. Mais j’espère contribuer bientôt à la communauté d’une façon ou d’une autre, même si cela ne sera plus comme avant.

S :
Que s’il fait froid ? Je suis un peu déçue là…

V :
Haha, tu sais ce jour là Samus, le feu à brûler le bois en oliviolet de ma caravane, et il aurait dû me brûler aussi, alors ne m’en demande pas trop… Je ne suis plus aussi « dynamique »!

Vodka me lança un petit sourire.

S :
Et bien allons vérifier ça ! Il fait un peu froid d’ailleurs. Ma maison est par là.

En conclusion Vodkazawa ajouta : «
Le silence règne en Landes de Sidimote. Les Ouginaks sont muets, la Caravane du Silence ne passera plus. »
Puis il me souleva et m’emporta vers ma maison


Samus, pour l'Empreinte du Craqueleur

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